21 septembre 2006
Du monde qui nous porte (10)
"Ils diront à la montagne" : discussion virtuelle entre penseurs réunis ici artificiellement par montages/collages + ou - aléatoires de citations diverses ou courts extraits récoltés au fil de lectures éclectiques.
La ville (2)
James Wines
Le danger,
ici, est d’idéaliser par nostalgie un type de société proche de celle des
aborigènes, refermée sur elle-même et totalement coupée du monde actuel et de
sa haute technicité.
Théodore Monod
Les grandes tribus chamelières ne se préoccupent pas des frontières mais des territoires. Ils n’obéissent qu’à une autorité, celle du Désert et de Dieu. L’Afrique est constament en proie à des massacres dus à l’instauration de gouvernements-guérillas. C’est un gâteau que les puissances occidentales se partagent.
Les gouvernements, pour résoudre le soi-disant problème du sous-développement des nomades, veulent leur sédentarisation ; autrement dit, leur mort mentale. La liberté n’est pas aimée. Parqués, ils seront neutralisés, étouffés.
Le nomade
ignore les frontières. Sa course est ancestrale. Il suit des traces transversales
pour troquer les produits de son élevage, moutons sur pied, viande séchée,
fromages, beurre, artisanat du cuir. Le « paiement » se résume en
semoule, dattes, sucre, thé, couvertures. Mais maintenent, ils doivent
organiser leur voyage en franchissant les frontières des Etats, ce qui signifie
des détours clandestins et périlleux. Les points de jonction de ces tribus ont
été modifiés. Le peuple du Sahara en général se contente de sa propre culture,
de sa propre civilisation. Quand à sa méthode pour se soustraire à l’ennemi,
elle consiste à utiliser le terrain, la mobilité, en évitant si possible le
combat. Détruire un peuple qui sait vivre en autarcie, qui souhaite
l’autodétermination et pouvoir circuler librement sur quelques arpents de sable
est un bel exemple de dictature gratuite.
Ceux qui sont prêts à sacrifier un peu de liberté en
échange d'un peu de sécurité ne méritent ni l'une ni l'autre.
« Si deux sont l’un avec l’autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne « Déplace-toi ! » et elle se déplacera. » Evangile apocryphe de Thomas, 53
James Wines, « L’architecture verte »
Théodore Monod, « Le chercheur d’absolu »
Benjamin Franklin
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